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L’arabe et ses variétés : aspects phonétiques et prosodiques
Préparé par : Mohamed EMBARKI
2008 / Numéro 22

Mohamed Embarki
Introduction

Judith Rosenhouse
Arabic Phonetics: A Survey

Janet Watson and Yahya Asiri
Pre-pausal devoicing and glottalisation in varieties of the South-Western Arabian Peninsula

Ghada Khattab and Jalal Al-Tamimi
Durational cues for gemination in Lebanese Arabic

Mohamed Embarki, Christian Guilleminot,
Mohamed Yeou and Sallal Al Maqtari

Locus Equation as an Index of Arabic Dialectal Variation

Dina El Zarka  and Sam Hellmuth
Variation in the Intonation of Egyptian Formal and Colloquial Arabic

Ahmed Ech- Charfi
The Full Vowel/Schwa Alternation: An Optimality Theoretic
Approach to Variation in Moroccan Arabic Verbs

 
 
Arabic Phonetics: A Survey
pp. 1-16
Judith Rosenhouse

Abstract

    Le premier papier proposé par Judith Rosenhouse, offre de larges perspectives historiques concernant le développement des études phonétiques dans le Monde arabe. Le papier jette la lumière sur les principales contributions phonétiques, en commençant par le travail d’Al-Khalil (m. en 798), Kitab Al-‘Ayn (Le Livre de la Source), afin d’offrir un panorama cohérent de l’histoire de la discipline. Ce panorama montre que la dimension phonétique a toujours été présente dans les travaux relatifs à l’histoire linguistique arabe. Quelle que soit la principale préoccupation, grammaticale, morphologique ou lexicale, la dimension phonétique a toujours été part de l’étude, parce que il n’y avait pas de champ spécifique pour la phonétique/phonologie. Le papier est divisé en quatre sections, Judith Rosenhouse discute dans la première section les principaux traits de la phonétique arabe. Dans la deuxième section, elle présente les écoles phonétiques dans la littérature arabe classique. Dans la troisième section, l’auteur interroge les nouveaux développements dans le domaine de la phonétique arabe. La quatrième et dernière section est consacrée aux dimensions non encore approchées en phonétique arabe, ou insuffisamment étudiées et qui demandent davantage d’exploration. 

 
 
Pre-pausal devoicing and glottalisation in varieties of the South-Western Arabian Peninsula
pp. 17-38
Janet Watson and Yahya Asiri

Abstract

    Le deuxième papier de ce volume thématique présente une étude très intéressante d’une particularité insoupçonnée de la production de parole en arabe. Le papier, présenté par Janet Watson et Yahya Asiri, et portant sur le dévoisement pré-pausal et la glottalisation dans trois variétés du sud-ouest de la péninsule arabe, s’intéresse au phénomène phonétique de dévoisement, qui est présent dans de nombreuses variétés dialectales arabes. A travers un nombre important de dialectes arabes, les auteurs ont constaté que le dévoisement et la glottalisation se produisent dans une position prosodique spécifique, i.e. en position finale de mot ou de phrase. Par conséquent, les deux aspects de dévoisement et de glottalisation semblent être formatés par un faisceau de contraintes à double face, i.e. phonologique/phonétique. Janet Watson et Yahya Asiri ont restreint leur étude aux indices phonétiques de ces deux aspects. Les auteurs ont choisi un terrain très intéressant d’un point de vue dialectal, le Yémen, susceptible de montrer des exemples remarquables de dévoisement et de glottalisation. Les auteurs ont comparé des données acoustiques issues d’arabe de Sanaa, d’arabe dialectal sud-asiri de Rijāl Alma‘ et du mehri, un dialecte méridional du sud-arabique moderne parlé au Yémen. Les résultats montrent que le dévoisement se produit avec les consonnes obtruantes et la glottalisation seulement avec les plosives dans les trois dialectes. Les nasales et les latérales sonorantes, complètement glottalisées dans le dialecte de Sanaa, sont partiellement dévoisées dans la variété de Rijāl Alma‘ et dans le mehri. Cependant, elles ne sont ni pré-glottalisées, ni relâchées dans Rijāl Alma‘. Les résultats sont consistants avec l’idée de Maddieson (1984) de la relation implicationnelle entre les plosives glottales ou laryngales et les sonorantes laryngalisées.

 
 
Durational cues for gemination in Lebanese Arabic
pp. 39-56
Ghada Khattab and Jalal Al-Tamimi

Abstract

    A l’instar des langues sémitiques, l’arabe et ses variétés font partie d’un petit groupe de langues possédant un contraste de durée phonologique à la fois parmi les voyelles et parmi les consonnes. Le papier proposé par Ghada Khattab et Jalal Al-Tamimi, et portant sur les indices temporels de la gémination en arabe libanais, explore les patrons phonétiques et phonologiques de la gémination et la relation temporelle entre les consonnes géminées et la durée de la voyelle dans cette variété d’arabe levantin. Les auteurs ont présenté un état de l’art de la gémination très bien documenté. Outre la durée qui semble être le corrélat acoustique le plus saillant dans la distinction des consonnes simples et géminées dans les langues du monde, d’autres indices articulatoires et acoustiques sont supposés renforcer l’effet perceptuel de la gémination, particulièrement les caractéristiques temporelles et spectrales de la voyelle précédente et de la voyelle suivante. Les résultats, fondés sur des analyses acoustiques et auditives des consonnes médianes et des voyelles pré- et post-consonantiques, dans les structures V1CV2, V1CCV2, VV1CV2, and VV1CCV2, présentent des patrons distincts des distributions de la durée pour les consonnes simples et géminées et pour les voyelles adjacentes brèves et longues. La durée apparaît comme un indice robuste pour la distinction des consonnes simples et géminées, les dernières ont durée deux fois plus longue que leurs correspondantes simples. Contrairement à la littérature, aucune compensation temporelle évidente n’a été observée en fonction de la durée phonologique. La variable sociolinguistique du genre ou gender n’a montré aucune différence significative. Les hommes et les femmes ont réalisé des patrons temporels similaires pour la durée des consonnes et la durée des voyelles.

 
  
Locus Equation as an Index of Arabic Dialectal Variation
pp. 57-72
Mohamed Embarki, Christian Guilleminot,
Mohamed Yeou and Sallal Al Maqtari

Abstract

    Les dialectes arabes sont classés en cinq grandes zones dialectales : 1) les dialectes de la péninsule arabe ; 2) les dialectes mésopotamiens ; 3) les dialectes du Levant ; 4) les dialectes égyptiens ; et 5) les dialectes maghrébins. La classification prend généralement en considération certains critères linguistiques, de niveaux phonologique, morphologique et lexical. Dans le quatrième papier, intitulé l’équation de locus comme in indice de la variation dialectale arabe, Mohamed Embarki, Christian Guilleminot, Mohamed Yeou et Sallal Al Maqtari ont remarqué que la présence ou absence de certains phonèmes de l’arabe classique dans les dialectes arabes modernes (comme les interdentales, la plosive uvulaire non voisée), généralement utilisées par la dialectologie arabe, ne peuvent que faiblement discriminer les cinq zones géographiques. Les auteurs ont proposé classification dialectale possible de quatre dialectes arabes fondée sur les effets coarticulatoires dans les syllabes CV. Ils ont avancé l’hypothèse selon laquelle la saillance de ces effets serait facilement captée par l’équation de locus - des fonctions de régression linéaire – particulièrement à travers le contraste de pharyngalisation. Les résultats ont montré que l’équation de locus permettait une classification des dialectes arabes seulement en deux grandes zones géographiques : orientale vs occidentale. Les équations de locus pour les consonnes pharyngalisées ont été significativement plus basses dans les dialectes arabes d’Orient que d’Occident.

 
 
Variation in the Intonation of Egyptian Formal and Colloquial Arabic
pp. 73-92
Dina El Zarka and Sam Hellmuth

Abstract

    Si les études acoustiques manquent en dialectologie arabe, la prosodie demeure de loin l’aspect le moins étudié en parole. D’un point de vue prosodique, plusieurs dialectes arabes restent non explorés. Un aspect qui pourrait fournir aux dialectologues des clefs pour comprendre la similarité et la dissimilarité entre l’AM et les dialectes arabes est d’explorer comment les propriétés intonatives du dialecte maternel sont transposées par le locuteur sur l’AM. Le papier proposé par traite de la variation dans l’intonation de l’arabe égyptien formel et dialectal. Le papier se fixe comme objectif de montrer que l’intonation de l’arabe formel égyptien (AFE), qui est un discours surveillé, présenterait les mêmes propriétés intonatives que celles de l’arabe dialectal égyptien (ADE), qui est un discours non formel. Les auteurs s’appuient sur le présupposé que les propriétés intonatives sont transférées de l’ADE à l’AFE. Les résultats corroborent de manière claire l’hypothèse selon laquelle la phonologie de l’AFE reflète celle du dialecte maternel du locuteur. Les mêmes catégories phonologiques sont utilisées à la fois en AFE et en ADE. Toutefois, les auteurs ont relevé quelques différences aux niveaux stylistique et rythmique.

 
 
The Full Vowel/Schwa Alternation: An Optimality Theoretic
Approach to Variation in Moroccan Arabic Verbs
pp.93-113
Ahmed Ech- Charfi

Abstract

    Le dernier papier de ce numéro spécial portant sur l’alternance entre voyelles pleine/schwa dans les verbes en arabe marocain applique une approche issue de la Théorie de l’optimalité. L’auteur, Ahmed Charfi, s’intéresse à la réduction de la voyelle d’un point de vue morpho-phonologique. Le papier explore la variation des voyelles schwa vs pleine dans les dialectes arabes du Maroc. Cet aspect est exploré dans le cadre de la Théorie de l’optimalité. L’auteur affirme que ce qui est considéré par la littérature comme réduction de voyelle dans les verbes concaves à la forme perfective est en réalité une élision de voyelle déclenchée par des contraintes supérieures du ‘bien-formé’ sur la structure du pied.